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Pluie de médailles attendue à Liberec pour la natation française

publié le 18/08/2014 par F@b dans la catégorie Handisports

Non, nous ne nous trompons pas! Il va ya avoir, on l'espère, un bon gros lot de médailles pour nos tricolores du côté de Liberc, peut-être aussi du côté de Berlin chez es valides, mais nous on parle de Sport Adapté aujourd'hui.

Ces championnats auront lieu du 19 au 23 Août, et pour nous en parler, nous avons pu nous entretenir avec Bertrand Sebire, entraîneur de l'équipe de France et accessoirement un de nos plus fidèle lecteur.

C'est quasiment la 1ère fois que nous parlons de Sport Adapté, mais nous vous assurons que ce ne sera pas la dernière fois.

En Route pour Liberec

En Route Pour Rio (ERPR): Peux-tu nous expliquer pourquoi le Sport Adapté est concerné par deux championnats d'Europe?

Bertrand Sebire: En fait, certaines courses des championnats d'europe de l'IPC sont réservées pour les déficients intellectuels, il s'agit de la catégorie F 14 où le niveau a été excellent puisqu'un record du monde par exemple a été battu.

Nous avons décidé, nous, de nous concentrer sur les championnats d'europe INAS qui ont lieu à Liberec (RTC) su 19 au 23 Août.

ERPR: Combien y a t'il de sélectionnés?

Bertrand Sebire: Nous avons 7 sélectionnés, 6 garçons et 1 fille: Tessa Marcos, Sebastien Blondel, Brice Costa, Jacky Deforge, Maxime Dutter, Pierre Patane et Frédéric Tejeiro.

ERPR: Quels sont les objectifs que tu leur a donné pour Liberec?

Bertrand Sebire: Ce sont des objectifs de podiums et de titres. Le minimum sera de faire les finales, mais on compte ramener des médailles, et de l'or si possible. Nous voudrons aussi renforcer nos relais en vue des Jeux Mondiaux pour les déficients intellectuel de l'été prochain en vue de ramener des médailles.

ERPR: Quel est le rythme d'entraînement des sélectionnés pour les championnats d'Europe?

Bertrand Sebire: Ils s'entraînent du Lundi au Samedi avec 2 entraînement bi-quotidien, donc 8 entraînements de natation par semaine. Ce sont de vrais nageurs de haut niveau.

Nous avons mis en place un partenariat avec la fédération de natation valide, pour que nos nageurs s'entraînent dans leurs clubs, nous on vient les voir 3 fois par ans pour les évaluer. Suite à ces évaluations, on confirme ou on modifie les stratégies qui sont mises en place avec les clubs. On créé aussi des stages our les périodes où les clubs ne peuvent plus s'occuer de nos nageurs de manière optimum.

C'est pour cela par exemple que l'on mis en place un stage à Poitiers depuis le 20 Juillet, on a commencé avec 3 nageurs dont les entraîneurs étaient aux championnats de France FFN. MAintenant, nous avons les 7 au fure et à mesure des "vacances" des clubs. Maintenant ce sont les entraîneurs de club qui gérent la préparation des nageurs de sport adapté selon un programme qui correspond quasiment à celui d'un nageur de haut niveau valide.

A Londres, à part Alicia (Mandin NDLR) qui était mon éléve à Poitiers, le reste des nageurs s'entrainaient plus ou moins de manière encadrée dans les clubs. Maintenant la politique a évolué et c'est mieux comme ça!

La hiérarchie Européenne et mondiale

ERPR: En Sport Adapté, peut-il y avoir des surprises sur certaines courses ou est-ce que la hiérarchie est bien établie?

Bertrand Sebire: Il y a souvent des surprises, par exemple avec les pays de l'Est qui peuvent sortir des nageurs que l'on a jamais vu et qui sont très performants. Mais nous aussi, on peut le faire, les britanniques aussi. Par contre l'Angleterre et l'Irlande ne participent plus aux courses INAS et se concentrent eux sur les compétitions IPC. Jusqu'à présent, nous ne répurions que les miettes, les britanniques gagnant quesiment tout.

Au niveau mondial, en natation, lees pays les plus en vue sont Hong-Kong et le Japon.

ERPR: Sais-tu pourquoi ces nations sont elles au top en Sport Adapté?

Bertrand Sebire: Non, c'est une des raisons pour lesquelles je voudrais bien partir dans ces pays pour voir leurs méthodes d'entraînement. Cela peut-être aussi un problème de reconnaissance de leur handicap dans leur pays. Ont-il plus de moyens que nous? Il y a pas de mal de fantasmes tout autour de leur réussite, mais personne n'est encore aller vivre là-bas 3 semaines ou 1 mois pour voir comment cela se passe.

ERPR: On sait que le Japon est un pays où les grandes firmes privées telles que Toyota ou Mitsubishi investissent énormément sur le handisport.

Bertran Sebire: C'est exactement ce que l'on nous explique. Mais j'aimerai aller voir sur place comment se monte ce genre de partenariat et ce que les entraîneurs japonais en font.

A Hong-Kong, on sait aussi qu'il y a un centre d'entraînement de haut niveau qui est ouvert toute l'année. On doit pouvoir comprendre comment cela fonctionne même si l'on sait que culturellement on ne pourra pas tout copier.

Et l'entraînement dans tout ça?

ERPR: Tu t'occupes uniquement de nageurs de sport adapté, ou tu t'occupe aussi de nageurs valides?

Bertrand Sebire: Depuis Juillet 2012, je ne m'occupe plus que des nageurs déficients intellectuels. Avant je m'occupais des catégories jeunes dans le comité départemental, mais j'ai maintenant un contrat avec la FFSA.

ERPR: Qu'est ce qui est différent dans les méthodes d'entraînement entre les valides et les déficients intellectuels?

Bertrand Sebire: Ce qui est primordial avec nos nageurs, c'est de savoir la représentation qu'ils se font de leur activité. L'orientation est différente. Lorsqu'ils se déplacent dans l'eau, qu'ils font des actions, ils faut qu'ils puissent comprendre les conséquences que cela implique. 

Si tu donnes une consigne à un nageur valide telle que faire 4 X 100 M nage libre en 1'10 avec un départ à 1'30, pour lui cela a un sens parce qu'il sait qu'il va avoir 20" de récupération et qu'il va devoir fournir un effort qu'il connaît. Pour un sportif adapté, cela n'a aucun sens, le temps pour eux n'a aucune signification, il faut donc mettre en place d'autres tactiques pour que la notion de temps soit prises en compte.

On peut aussi leur parler de la façon dont l'eau leur carresse la peau pour ceux qui sont très sensibles aux sensations corporelles. D'autres sont à fond sur les maths, on leur demande donc de compter leurs coups de brasse pour qu'il comprennent.

Si le nageur comprend l'objectif, il va se mettre en capacité de réussir ce qu'on lui demande. Il ne subira pas alors l'entraînement.

ERPR: On se souvient du visage plein de tristesse d'Alicia Nandin à Londres après ses courses londioniennes, était elle déçus de ses performances, ou avait elle peut de t'avoir déçu?

Bertrand Sebire: J'ai vu Alicia pendant 11 ans quasiment tous les jours donc je pense pouvoir en parler. Elle était déçue de ne pas avoir de médaille, car elle y croyait même avec le 8ème temps des qualifications, elle pensait pouvoir faire quelque chose de bien. 

Après il est sûr qu'il y avait une grosse dose d'affect dans son comportement. Nous sommes hyper vigilants sur cet aspect. Pour la plupart de nos nageurs, ils se font plaisir dans un bassin en nous faisant plaisir. C'est très difficile, mais il faut que l'on raméne leur réussite à eux-mêmes pas à mon plaisir à moi. 

La présence aux Jeux Paralympiques 

ERPR: Quelle est la tendance actuelle sur la réintégration du sport adapté dans les programmes des Jeux Paralympiques? Et est-ce vraiment important que vous puissiez avoir plus de place dans ces programmes?

Bertrand Sebire: Les Jeux Paralympiques sont forcément importants puisqu'ils offrent une vitrine médiatique à notre sport et en terme d'intégration c'est important.

L'image qu'on se peut se faire quand on parle de déficience intellectuel c'est quelqu'un de courbé qui bave ou un trisomique, alors que la très grosse majorité sont des gens comme les autres, quand on les croise dans la rue, on ne se douterait pas de leur déficience.

On a toute notre place dans les Jeux Paralympique, nous avons des nageurs qui souffrent d'un handicap comme les autres athlètes, ou comme les deficinets auditifs qui n'ont pas eux encore leur place aux Jeux.

Nous faions tout pour que la réintégration s'amplifie. Par exemple nous avons préféré Liberec à Eindhoven, parce que Eindhoven n'est pas qualificatif pour Rio et qu'il n'y avait que 4 épreuves pour le sport adapté. après on fait des choix mais ce n'est pas toujours simple.

Nous nous concentrons sur l'INAS parce qu'il ne faut pas se cacher que c'est plus simple d'y avoir de bons resultats et c'est ce dont nous avons besoin pour nous développer. Mais il est sûr que si un de nos nageurs à les capacités de briller dans les compétitions de l'IPC et se qualifier pour les Jeux, nous y retournerons!

Alicia a arrêté, je ne sais pas si un de nos nageurs a le potentiel pour aller à Rio. On y travaille, et on espère bien rattraper notre retard rapidement par rapport aux individualités des autres pays.

ERPR: Il nous semble qu'il y a de plus en plus de rapprochement entre la FFSA et la fédérations française handisport. Comment vois-tu ce rapprochement?

Bertrand Sebire: Pour moi, c'est parfait qu'il y ait 2 fédérations. Cela permet à tout le monde de pouvoir travailler sur l'intégration des différents handicaps dans la société sportive. Il n'y a que 2 fédérations françaises qui prennent en compte la personne avant le sport et ce sont les nôtres. 

C'est aussi très bien qu'on se rapproche, surtout au moment des Jeux Paralympiques. C'est aussi important qu'on mette en commun nos moyens et nos connaissances pour continuer à se développer. 

Devenir une seule fédération serait une anomalie, nous nous occupons de handicaps tellement diffèrents...

Médiatisation et budget

ERPR: Nous avons l'impression qu'il est assez difficile d'interviewer des sportifs adaptés, qu'en est-il?

Bertrand Sebire: Oui la première fois pour un sportif adapté c'est difficile. Il faut qu'il puisse se mettre en situation pour pouvoir progresser dans ce domaine mais comme dans tous les domaines. Cela nous sert beaucoup pour l'aider à cadrer les choses, plus il fera d'interviews meilleurs elles seront. Alicia a été interviewé par RTL à l'occasion de Londres, elle n'aurait jamais pu le faire 3 ans plus tôt.

Nous devons leur faire analyser le cadre des événements, les sécuriser par rapport à ce cadre pour qu'ils puissent en profiter!

ERPR: Est-ce que tu penses que tes nageurs forment une véritable équipe? 

Bertrand Sebire: Oui c'est une véritable équipe. L'an dernier, nous osmmes partis à Nouméa, nous avons du partager un appartement pour diminuer les coûts et là on a pu leur apprendre à vivre ensemble. Et c'est pareil cette année à Poitiers, ils ont aussi du temps pour eux et on leur apprend à se soutenir.

Ils se respectent, s'écoutent et se soutiennent. Ils savent aussi qu'ils vont faire des championnats d'europe et qu'ils vont devoir faire des performances.

ERPR: En terme de financement, comment faites-vous vivre l'équipe toute l'année?

Bertrand Sebire: Nous sommes un pôle reconnu par l'état donc nous avons des aides. La fédération fait aussi des recherches de partenariats qui nous permette de boucler la boucle.

Je n'ai pas toujours tout ce que je veux quand j'ai des exigences fortes, mais le budget grandit en même temps que l'équipe.

Sur l'essantiel, on ne nous refuse rien par rapport à notre niveau de pratique.

Merci à Bertrand pour cet éclairage sur le sport adapté.

Nous vous donnerons le maximum de résultats possible! et encore une fois cet été Allez Les Bleus!!!!

Crédits Photo: lanouvellerepublique.fr

 

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